Interdits et amendes à Singapour : le guide pour ne pas se faire verbaliser
Singapour applique strictement des règles qui surprennent les visiteurs : le chewing-gum ne s'importe ni ne se vend, la cigarette électronique est totalement interdite, on ne mange ni ne boit dans le MRT, et fumer hors des zones prévues coûte au moins 200 S$. Le trafic de drogue est passible de la peine de mort. Les touristes sont traités comme les résidents : une amende se paie, et une infraction grave peut mener à la prison, voire à la bastonnade. Montants vérifiés auprès des sources officielles en octobre 2026.
Sur cette page
- Pourquoi tant d'interdits à Singapour ?
- Cigarette électronique et tabac
- Chewing-gum : l'interdit le plus célèbre
- Dans le MRT et les bus
- Propreté : déchets, crachats, toilettes
- Dans la rue : traversées, alcool, nourrir les animaux
- Vandalisme, violence et vol
- Drogue : la législation la plus sévère
- Autres règles utiles
- Questions fréquentes
Pourquoi tant d'interdits à Singapour ?
La réputation de « fine city », jeu de mots entre « belle » et « amende », remonte aux campagnes civiques des années 1970 et 1980 lancées par le gouvernement de Lee Kuan Yew pour rendre propre et ordonnée une ville très dense. L'essentiel des règles relève de l'hygiène publique, de la sécurité des transports et de la lutte contre les stupéfiants. La plupart des petites infractions se règlent par une amende de composition (un montant forfaitaire proposé par l'administration) ; en cas de refus ou de récidive, l'affaire va devant un tribunal, où les plafonds sont nettement plus élevés.
Cigarette électronique et tabac
Le vapotage est la source d'ennuis la plus fréquente pour les visiteurs. Importer, détenir, acheter ou utiliser une cigarette électronique, une puff ou une recharge est interdit, y compris dans une chambre d'hôtel. Selon la fiche Conseils aux voyageurs du ministère français (septembre 2026), l'amende peut atteindre 2 000 S$. Depuis le 1er septembre 2025, la répression s'est durcie : appareils confisqués, interdiction d'entrée pour un visiteur récidiviste, et poursuites au titre de la loi sur les stupéfiants pour les recharges contenant de l'étomidate (les « Kpods »).
Pour le tabac classique :
- l'âge minimum est de 21 ans ;
- il est interdit de fumer dans les lieux couverts, les transports, les arrêts de bus, les parcs, les plages et la plupart des rues commerçantes ; dans le centre (Orchard Road, Marina Bay, Chinatown, Bugis), on ne fume que dans les zones fumeurs délimitées par un cadre jaune ;
- l'amende de composition est de 200 S$, et peut monter à 1 000 S$ après condamnation ;
- les cigarettes rapportées de l'étranger doivent être déclarées et taxées, sans aucune franchise (voir notre page douane).
Chewing-gum : l'interdit le plus célèbre
Depuis 1992, la vente et l'importation de chewing-gum sont interdites, après des dégradations répétées dans les portes du MRT tout juste mis en service. L'accord de libre-échange avec les États-Unis a conduit en 2004 à autoriser les gommes à usage thérapeutique (substituts nicotiniques, gommes dentaires) en pharmacie. Mâcher un chewing-gum dans la rue n'est pas en soi sanctionné ; le jeter par terre l'est, au titre de l'interdiction de jeter des déchets. En pratique, n'en emportez pas : la douane le saisit.
Dans le MRT et les bus
Les règlements des transports interdisent de manger et de boire dans les trains, les bus et les zones payantes des stations, eau comprise ; l'amende peut atteindre 500 S$. Le durian, dont l'odeur est jugée incommodante, figure sur les pictogrammes d'interdiction des stations, tout comme dans la plupart des hôtels. Sont également interdits : fumer (jusqu'à 1 000 S$), transporter des produits inflammables (jusqu'à 5 000 S$) et franchir les portiques sans payer. Le fonctionnement du réseau est détaillé dans notre page sur le MRT de Singapour.
Propreté : déchets, crachats, toilettes
Jeter un papier, un mégot ou un ticket par terre est verbalisé ; une première infraction mineure donne lieu le plus souvent à une amende de composition de l'ordre de 300 S$. Les récidivistes peuvent être condamnés à des travaux d'intérêt général (Corrective Work Order) : nettoyer un espace public en gilet fluorescent. Cracher dans la rue est sanctionné de la même façon. La ville compte des poubelles partout, y compris à chaque sortie de MRT ; les cendriers sont intégrés aux poubelles des zones fumeurs.
Dans la rue : traversées, alcool, nourrir les animaux
- Traverser hors des passages (jaywalking) à moins de 50 mètres d'un passage piéton, d'une passerelle ou d'un souterrain est une infraction ; l'amende est généralement modeste pour une première fois, mais les poursuites sont possibles. Le feu piéton se respecte, même sans voiture.
- Alcool : interdiction de boire sur la voie publique de 22 h 30 à 7 h, et de vendre de l'alcool à emporter dans les magasins pendant ces horaires. Little India et Geylang sont des zones de contrôle renforcé, avec des restrictions étendues le week-end. L'ivresse publique est passible de 1 000 S$ d'amende et d'un mois de prison.
- Nourrir les animaux sauvages (macaques, pigeons, loutres) est interdit et lourdement sanctionné, notamment autour des réservoirs et de la réserve de Bukit Timah.
- Manifester : tout rassemblement revendicatif doit être autorisé, à l'exception du Speakers' Corner de Hong Lim Park, réservé aux citoyens et résidents permanents.
Vandalisme, violence et vol
La loi sur le vandalisme de 1966 punit les dégradations, graffitis et autocollants sauvages d'amendes, de prison et de coups de canne (caning), obligatoires pour certaines infractions. L'affaire Michael Fay, un Américain condamné à la bastonnade en 1994 pour avoir tagué des voitures, a montré que les étrangers ne bénéficient d'aucune indulgence. Les violences volontaires sont passibles de deux ans de prison, le vol à l'étalage de lourdes amendes et de prison. Le street art légal se concentre dans quelques lieux autorisés, présentés dans notre page sur le street art à Singapour.
Drogue : la législation la plus sévère
Attention : la loi sur l'abus de drogues (Misuse of Drugs Act) prévoit la peine de mort pour le trafic au-delà de certains seuils (par exemple 15 g d'héroïne pure ou 500 g de cannabis), et la détention d'une quantité dépassant un seuil bien plus bas fait présumer le trafic. Des exécutions ont encore lieu. Les agents peuvent imposer un test urinaire ou capillaire à l'entrée ; refuser ce test expose à une détention de 1 à 10 ans. Ne transportez jamais un bagage ou un colis pour quelqu'un d'autre.
Le cannabis et le CBD sont interdits sous toutes leurs formes, y compris en transit à Changi. Les médicaments contenant des substances contrôlées exigent une autorisation : voir notre page voyager avec des médicaments.
Autres règles utiles
- Hébergement : les locations de moins de trois mois dans un logement privé (type Airbnb) sont illégales ; le propriétaire risque jusqu'à 200 000 S$ d'amende. Les alternatives légales sont décrites dans notre page sur la location courte durée.
- Drones : un permis est nécessaire dans de nombreuses zones, notamment autour de Marina Bay et des aéroports.
- Passeport : il doit être présenté à toute autorité qui le demande ; refuser peut conduire à une arrestation.
- Religion : la liberté de culte est garantie, mais le prosélytisme agressif et les propos insultants envers une communauté sont réprimés.
Ces règles se doublent d'usages non écrits (files d'attente, places réservées dans les transports, « chope » des tables au hawker centre), présentés dans notre page sur le savoir-vivre à Singapour. En cas de problème avec la justice, l'ambassade de France peut vous rendre visite et vous indiquer un avocat, mais pas intervenir dans la procédure.
Questions fréquentes
Le chewing-gum est-il vraiment interdit à Singapour ?
Sa vente et son importation le sont, sauf gommes thérapeutiques en pharmacie. En mâcher n'est pas puni en soi, mais le jeter par terre est verbalisé comme un déchet.
Peut-on vapoter à Singapour ?
Non. La cigarette électronique est interdite à l'importation, à la détention et à l'usage, avec une amende pouvant atteindre 2 000 S$ et, pour un visiteur récidiviste, une interdiction d'entrée.
Peut-on boire de l'eau dans le MRT ?
Non. Boire et manger sont interdits dans les trains, les bus et les zones payantes des stations, sous peine d'amende pouvant atteindre 500 S$.
Les touristes peuvent-ils être condamnés à la bastonnade ?
Oui. Le caning s'applique aux hommes de 16 à 50 ans pour certaines infractions (vandalisme, violences graves, dépassement de séjour important, drogue), sans distinction de nationalité.