Conduire à Singapour et convertir son permis français
Un étranger peut conduire à Singapour avec son permis français pendant ses 12 premiers mois de séjour, à condition de l'accompagner d'un permis international ou d'une traduction officielle en anglais. Au-delà, un résident titulaire d'un pass de longue durée (Employment Pass, Dependant's Pass…) doit le convertir en permis singapourien auprès de la police de la circulation (Traffic Police), après avoir réussi un examen théorique, le Basic Theory Test. Aucun examen pratique n'est exigé.
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Les 12 premiers mois : permis français et traduction
Le permis français, rédigé en français, doit être accompagné d'un permis international (délivré gratuitement en France via le site de l'ANTS, à demander avant le départ) ou d'une traduction officielle en anglais. Il faut avoir au moins 18 ans et un permis en cours de validité. Les loueurs de voitures exigent les mêmes documents, ainsi qu'une carte de crédit : voir notre page sur la location de voiture.
Attention : le délai de 12 mois court à partir de l'arrivée à Singapour, et non de la délivrance du permis international. Passé ce délai, conduire sans permis singapourien revient à conduire sans permis, et l'assurance ne couvre plus le conducteur en cas d'accident.
Convertir son permis : les étapes
- S'inscrire au Basic Theory Test (BTT) dans l'un des trois centres de conduite agréés : Bukit Batok Driving Centre, ComfortDelGro Driving Centre (Ubi) ou Singapore Safety Driving Centre (Woodlands). L'inscription se fait en ligne ou au comptoir, avec passeport et pass.
- Réviser le code : le manuel officiel (Basic Theory of Driving) est vendu dans les centres ; l'examen, sur ordinateur, comporte des questions à choix multiples sur la signalisation, les priorités et les règles singapouriennes. Il faut obtenir au moins 45 bonnes réponses sur 50.
- Demander la conversion en ligne sur le portail de la Singapore Police Force, avec Singpass : copie du permis français et de sa traduction, du passeport, du pass, résultat du BTT et photo. Des frais de conversion s'appliquent (de l'ordre de 50 S$).
- Recevoir le permis : le permis singapourien est dématérialisé et consultable dans l'application Singpass ou celle de la police.
Le permis B français est converti en classe 3 (boîte manuelle) ou classe 3A (boîte automatique), selon ce qu'autorise le permis d'origine. Les permis moto suivent une procédure distincte, avec des conditions d'expérience supplémentaires.
Conseil : réservez le BTT dès votre arrivée si vous comptez conduire : les créneaux sont parfois pris plusieurs semaines à l'avance, et le permis français reste utilisable pendant que vous révisez. Les questions portent sur des règles très locales (marquages jaunes, couloirs de bus, voies d'urgence) qu'il vaut mieux apprendre.
Les règles de conduite à connaître
- Circulation à gauche, volant à droite, priorité aux véhicules venant de droite aux ronds-points (qui tournent dans le sens des aiguilles d'une montre).
- Vitesse : 50 km/h en ville par défaut, 70 à 90 km/h sur les voies express, contrôlée par de nombreux radars fixes et mobiles.
- Alcool : 35 µg d'alcool par 100 ml d'air expiré ou 80 mg par 100 ml de sang. Les sanctions sont lourdes, avec amendes élevées, suspension et prison possible dès la première infraction.
- Téléphone : interdit en main au volant ; seul un support fixe est toléré.
- Couloirs de bus : interdits aux voitures aux heures indiquées (lignes rouges continues pour les plus restrictifs).
- Système de points : chaque infraction retire des points de démérite ; au-delà d'un certain seuil sur deux ans, le permis est suspendu, et les nouveaux conducteurs sont soumis à un régime probatoire plus strict.
Les amendes, nombreuses et appliquées sans indulgence, sont résumées dans notre page sur les interdits et amendes.
Péages urbains, stationnement et coût réel
Le centre-ville et les voies express sont soumis au péage électronique ERP, désormais prélevé par un boîtier embarqué (OBU) du système ERP 2.0. Le stationnement se paie par application (Parking.sg) ou automatiquement dans les parkings équipés. Mais le principal obstacle est financier : acheter une voiture impose un certificat de droit à immatriculer (COE) mis aux enchères, qui a souvent dépassé 100 000 S$ ces dernières années. C'est pourquoi beaucoup d'expatriés titulaires du permis singapourien ne conduisent qu'en location ponctuelle ou en voiture partagée. Le budget est détaillé dans notre page sur le coût de la vie, et les alternatives dans celle sur les taxis et VTC.
Conduire en Malaisie
Le permis singapourien est reconnu en Malaisie pour une conduite temporaire. Pour franchir la frontière avec une voiture immatriculée à Singapour, il faut un permis d'entrée de véhicule (VEP) malaisien, une étiquette RFID liée à un compte Touch 'n Go pour les péages malaisiens, et respecter la règle des trois quarts de réservoir à la sortie de Singapour. Les trajets par la route sont décrits dans notre page Singapour-Kuala Lumpur.
Questions fréquentes
Peut-on conduire à Singapour avec un permis français ?
Oui, pendant 12 mois à compter de l'arrivée, avec un permis international ou une traduction officielle en anglais. Au-delà, un résident doit convertir son permis.
Faut-il repasser l'examen pratique pour convertir son permis ?
Non. Il suffit de réussir le Basic Theory Test, l'examen théorique du code singapourien, puis de déposer la demande de conversion auprès de la police.
Le permis international est-il obligatoire ?
Pour un permis rédigé dans une autre langue que l'anglais, comme le permis français, il faut un permis international ou une traduction officielle. Le permis international se demande gratuitement sur le site de l'ANTS.