L'architecture contemporaine de Singapour
Singapour est l'un des laboratoires mondiaux de l'architecture contemporaine. En une génération, la ville-État s'est dotée d'icônes comme Marina Bay Sands (Moshe Safdie, 2010), Jewel Changi (Safdie, 2019) ou The Interlace (OMA et Ole Scheeren, 2013), et s'est fait une spécialité des tours végétalisées, d'Oasia Hotel Downtown à Kampung Admiralty, encouragées par des règles d'urbanisme qui imposent de remplacer la verdure détruite par la construction.
Sur cette page
Les icônes de Marina Bay
Gagnée sur la mer, la baie de Marina Bay a servi de vitrine à la nouvelle architecture du pays.
- Esplanade – Theatres on the Bay (2002), conçu par DP Architects et Michael Wilford & Partners : deux coques couvertes de pare-soleil triangulaires en aluminium, surnommées « le durian ». Voir notre page sur l'Esplanade.
- Marina Bay Sands (2010), de Moshe Safdie : trois tours de 55 étages reliées au sommet par le SkyPark, plateforme de 340 m de long avec sa piscine à débordement. Sa silhouette est devenue l'emblème du Singapour moderne.
- ArtScience Museum (2011), du même Safdie : une fleur de lotus en dix « pétales » posée sur l'eau.
- Gardens by the Bay (2012) : les Supertrees du paysagiste Grant Associates et les deux serres géantes de Wilkinson Eyre, Flower Dome et Cloud Forest.
- Helix Bridge (2010), passerelle à double hélice inspirée de l'ADN, par Cox Architecture et Architects 61.
Logement : réinventer la tour
Dans un pays où environ 80 % des résidents vivent en logement public, l'innovation résidentielle compte autant que les monuments.
- Pinnacle@Duxton (2009), conçu par ARC Studio Architecture + Urbanism avec RSP Architects à l'issue d'un concours international : sept tours HDB de 50 étages reliées par deux passerelles-jardins, au 26e et au 50e étage. La passerelle du sommet est accessible aux visiteurs moyennant un petit droit d'entrée, avec une vue sur le port et le centre. Voir notre page sur le logement HDB.
- The Interlace (2013), d'Ole Scheeren pour OMA : 31 blocs de six étages empilés en hexagones croisés, créant des cours-jardins. Il a été désigné « bâtiment mondial de l'année » au World Architecture Festival 2015.
- Reflections at Keppel Bay (2011), de Daniel Libeskind : tours courbes face à l'île de Sentosa.
- SkyVille@Dawson (2015), de WOHA : logement public organisé en « villages » verticaux.
L'architecture verte, signature singapourienne
Le programme LUSH (Landscaping for Urban Spaces and High-Rises), lancé par l'URA en 2009 et renforcé depuis, oblige les nouveaux projets du centre à compenser la verdure perdue au sol par des jardins en terrasse, des murs végétaux et des toits plantés. Le label Green Mark, créé en 2005 par la Building and Construction Authority, mesure la performance environnementale. Il en résulte des bâtiments où la végétation fait partie de la structure :
| Bâtiment | Architecte | Année | Particularité |
|---|---|---|---|
| Parkroyal Collection Pickering | WOHA | 2013 | Hôtel aux terrasses-jardins en courbes de rizière, face à Hong Lim Park |
| Oasia Hotel Downtown | WOHA | 2016 | Tour rouge entièrement enveloppée de plantes grimpantes |
| Kampung Admiralty | WOHA | 2017 | Logements seniors, centre médical, hawker centre et parc superposés ; bâtiment mondial de l'année au WAF 2018 |
| Jewel Changi Airport | Safdie Architects | 2019 | Dôme de verre, forêt intérieure et Rain Vortex, cascade intérieure d'environ 40 m |
| CapitaSpring | BIG et Carlo Ratti Associati | 2021 | Tour de 280 m avec une « oasis » verte de quatre niveaux à mi-hauteur et un jardin sur le toit |
Ces réalisations s'inscrivent dans le projet de « ville dans la nature » détaillé dans notre page sur la politique environnementale. Jewel Changi se visite librement, même sans prendre l'avion.
Bâtiments publics et patrimoine réinventé
- Cour suprême (2005), de Foster + Partners : le disque suspendu au-dessus du Civic District.
- National Gallery Singapore (2015), de studioMilou : l'ancien hôtel de ville et l'ancienne Cour suprême reliés par une canopée de verre et de métal. Voir la National Gallery.
- School of the Arts (2010), de WOHA : école au cœur du centre, ventilée naturellement.
L'héritage moderniste des années 1970
Avant les tours végétales, Singapour a connu une architecture brutaliste et moderniste audacieuse. Le Golden Mile Complex (1973), en gradins sur Beach Road, et le People's Park Complex (1973), à Chinatown, conçus par des architectes singapouriens (Design Partnership, devenu DP Architects), furent parmi les premiers complexes mixtes d'Asie. Le Golden Mile Complex a été protégé au titre de la conservation en 2021 et fait l'objet d'un réaménagement.
Les limites de hauteur
La skyline de Singapour ne dépasse pas environ 280-290 m, en raison des couloirs aériens de Changi et de la base de Paya Lebar. Guoco Tower (2016, SOM), CapitaSpring et quelques autres tours approchent ce plafond. Pour admirer l'ensemble, voir notre sélection de points de vue panoramiques.
Conseil : un parcours à pied d'une demi-journée relie Pinnacle@Duxton, Oasia Hotel Downtown, Parkroyal Collection Pickering et CapitaSpring, puis rejoint Marina Bay Sands par le Helix Bridge. The Interlace et Kampung Admiralty demandent un trajet en MRT.
Questions fréquentes
Qui a conçu Marina Bay Sands ?
L'architecte israélo-canadien Moshe Safdie. Le complexe a ouvert en 2010 ; Safdie a aussi signé l'ArtScience Museum et Jewel Changi.
Peut-on visiter The Interlace ?
C'est un ensemble résidentiel privé : on peut le voir de l'extérieur, mais l'accès aux parties communes est réservé aux résidents.
Quelle est la plus haute tour de Singapour ?
Les plus hautes tours atteignent environ 280 à 290 m, limite fixée par les contraintes aériennes ; Guoco Tower, à Tanjong Pagar, figure parmi les plus hautes.
Pourquoi tant de plantes sur les immeubles ?
Parce que le programme LUSH de l'URA impose de compenser la verdure perdue au sol par des jardins en hauteur, dans le cadre de la stratégie de « ville dans un jardin ».
Carte
Carte interactive : chargement…