Majulah Singapura, l'hymne national de Singapour

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L'hymne national de Singapour s'intitule Majulah Singapura, « En avant, Singapour » en malais. Composé en 1958 par Zubir Said pour le conseil municipal, il devient l'hymne de l'État autonome en 1959 puis l'hymne national à l'indépendance de 1965. Il se chante obligatoirement en malais, la langue nationale, même si plus des trois quarts des citoyens sont d'origine chinoise.

Sur cette page
  1. Paroles de Majulah Singapura et traduction française
  2. L'histoire de l'hymne, de 1958 à aujourd'hui
  3. Règles d'usage de l'hymne national
  4. Où et quand l'entend-on ?
  5. Zubir Said, un compositeur honoré
  6. Questions fréquentes
  7. Carte

Paroles de Majulah Singapura et traduction française

Le texte officiel est bref : deux strophes et un refrain répété. Le malais utilisé est simple, ce qui permet à tous les élèves, quelle que soit leur langue maternelle, de l'apprendre dès l'école primaire.

Paroles officielles (malais)Traduction française
Mari kita rakyat SingapuraNous, peuple de Singapour,
Sama-sama menuju bahagiaMarchons ensemble vers le bonheur ;
Cita-cita kita yang muliaNotre noble aspiration :
Berjaya SingapuraQue Singapour réussisse.
Marilah kita bersatuUnissons-nous
Dengan semangat yang baruDans un esprit nouveau ;
Semua kita berseruTous ensemble, proclamons :
Majulah SingapuraEn avant, Singapour !
Majulah SingapuraEn avant, Singapour !
Traduction française de singapour.net, établie d'après le texte malais et la traduction anglaise autorisée.

Le gouvernement publie des traductions autorisées en anglais, en mandarin et en tamoul, les trois autres langues officielles, mais elles servent uniquement à comprendre le sens : l'hymne ne doit jamais être chanté dans une autre langue que le malais.

L'histoire de l'hymne, de 1958 à aujourd'hui

Une chanson municipale devenue hymne

En 1958, le conseil municipal de Singapour, dont le maire adjoint Ong Pang Boon porte le projet, commande à Zubir Said une chanson pour ses cérémonies officielles. Le compositeur, né en 1907 à Bukittinggi, à Sumatra, installé à Singapour depuis 1928, est alors connu pour ses musiques de films malais produits par Cathay-Keris. Il aurait écrit la musique et les paroles en deux semaines environ, en veillant à employer un malais accessible à tous.

La chanson est jouée pour la première fois le 6 septembre 1958 par le Singapore Chamber Ensemble, lors du concert de réouverture du Victoria Theatre, dans le Civic District.

L'hymne de l'État autonome, puis de la nation

Après l'autonomie interne de 1959, le gouvernement du PAP cherche des symboles communs aux différentes communautés. Le vice-Premier ministre Toh Chin Chye fait légèrement réviser le texte, et l'Assemblée législative adopte Majulah Singapura comme hymne de l'État le 11 novembre 1959. Il est présenté au public le 3 décembre 1959, en même temps que le drapeau et les armoiries. Lorsque Singapour quitte la Malaisie, il devient l'hymne national de la république, le 9 août 1965 : le contexte de cette rupture est raconté sur notre page consacrée à l'indépendance de 1965.

Les arrangements successifs

Règles d'usage de l'hymne national

L'hymne est un symbole juridiquement protégé, au même titre que le drapeau et les armoiries. Les règles principales sont les suivantes :

Les infractions délibérées sont passibles d'une amende ; en pratique, les autorités procèdent surtout par rappels à l'ordre. Ces règles sont désormais regroupées dans le National Symbols Act, entré en vigueur le 1er août 2023, qui a remplacé l'ancienne loi de 1959 sur les armoiries, le drapeau et l'hymne.

Conseil : si vous assistez à un match, à une cérémonie ou à un spectacle où l'hymne est joué, levez-vous et restez immobile jusqu'à la fin. Il n'est pas attendu des visiteurs étrangers qu'ils le chantent, mais rester assis est perçu comme une marque de mépris.

Où et quand l'entend-on ?

Majulah Singapura rythme la vie civique. Dans les écoles publiques, les élèves le chantent chaque matin lors de la levée des couleurs, suivi de la récitation de l'engagement national, le National Pledge. Il est aussi chanté dans les camps militaires, ce qui en fait un rituel familier pour tous les hommes passés par le service national.

Il ouvre les cérémonies officielles, les compétitions sportives internationales accueillies à Singapour et, bien sûr, la parade de la fête nationale du 9 août, où des dizaines de milliers de spectateurs le chantent en chœur pendant que le drapeau est hissé.

Zubir Said, un compositeur honoré

Zubir Said est mort en 1987. La rue où se trouve la School of the Arts, près de Dhoby Ghaut, porte son nom (Zubir Said Drive), et son œuvre, riche de plus d'un millier de chansons, dont beaucoup écrites pour le cinéma malais des années 1950 et 1960, fait régulièrement l'objet de concerts et d'expositions. Le portrait qui figure sur les billets de banque n'est pas le sien mais celui de Yusof Ishak, premier président de la République : voir notre page sur la monnaie de Singapour.

Questions fréquentes

Pourquoi l'hymne de Singapour est-il en malais ?

Le malais est la langue nationale de Singapour, pour des raisons historiques et géographiques : le pays est issu du monde malais et faisait partie de la Malaisie en 1963-1965. Le choix d'une langue unique pour l'hymne visait aussi à rassembler les communautés autour d'un symbole commun.

Que signifie « Majulah Singapura » ?

L'expression signifie « En avant, Singapour » ou « Que Singapour progresse ». C'est aussi la devise nationale, inscrite sur les armoiries.

Qui a écrit l'hymne national de Singapour ?

Zubir Said, compositeur né à Sumatra en 1907 et installé à Singapour, en a écrit la musique et les paroles en 1958.

Peut-on chanter Majulah Singapura en anglais ?

Non. Des traductions officielles existent en anglais, mandarin et tamoul pour en comprendre le sens, mais l'hymne doit être chanté avec les paroles malaises.

Carte

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